Mon jour de l’an à Los Angeles: J’ai failli dormir dehors!

digital-nomad-los-angeles

Il y a des fois où tout va de travers. Et d’autres où, au contraire, le karma vous remercie. Moi, je crois beaucoup au karma. Et le 31 décembre 2016, celui-ci avait envie d’être avec moi.

 

Moi, ma valise, et l’aéroport de Los Angeles

Nous sommes le 31 décembre 2016. Je prends l’avion de Paris pour Los Angeles, où j’ai une correspondance de 2 heures pour ensuite rejoindre San Francisco. Le problème: mon avion au départ de Charles de Gaulles a 2 heures de retard.

J’arrive à l’aéroport de Los Angeles à 21h avec 2 heures de retard donc, et quand tu voles en low cost, les vols en correspondance ne t’attendent pas.

Du coup, ce n’est même pas que je rate ma correspondance: je n’ai jamais eu l’occasion de l’attraper.

Je me dirige quand même au comptoir de Southwest Airlines pour savoir ce qu’il en est. Le vol est parti depuis un moment, et il n’y en a pas avant le lendemain matin. Elle me file un billet, et c’est tout. Me voilà moi, ma doudoune trop chaude, ma valise et mon billet pour San Francisco en date du lendemain à l’aéroport de Los Angeles à 21h le 31 décembre 2016.

Je contacte le site par lequel j’ai réservé mon billet (Kiwi), qui me dit qu’en compensation ils prennent en charge le logement jusqu`à hauteur de 50€. Je trouve quoi un jour de réveillon à Los Angeles à 50€ sans réservation?

Du coup, et pour aller au plus simple, je décide de rejoindre le terminal principal de LAX pour y passer la nuit en mode clochard.

la-gif

J’ai à peu près 20 minutes de marche devant moi. Une navette passe, j’en profite pour monter dedans.

Par dépit et parce que j’avais la nuit devant moi, j’avais failli ne pas la prendre. Genre, vraiment failli. Monter dedans a changé mon 31.

 

Sauveur ou tueur en série?

Dans la navette, je me pose enfin. Le regard que j’imagine vide, en pleine torpeur, je pense à la situation.

Un mec en face de moi entame la discussion:

  • “Tu vas prendre un vol?”
  • “Non, je viens de rater le mien en fait. Du coup, je sais pas vraiment ce que je fais, là.”
  • “You’re on your own?” (désolé, je n’ai pas de phrase qui me vient et qui traduit bien cette question).
  • “Oui. Je pense que je vais dormir à l’aéroport ou attendre demain matin éveillé”.

Au fur et à mesure, ce même mec en vient à m’expliquer qu’il est possible qu’il ait une chambre pour moi dans son hôtel. Je comprends à moitié l’histoire qu’il me sert, mais on en arrive là:

“Si tu viens avec moi, je devrais pouvoir t’avoir une chambre”.

Là, deux possibilités:

  • Soit c’est vrai, et alors je dors à l’hôtel ce soir.
  • Soit c’est trop beau pour être vrai, et il y a anguille sous roche.

En deux secondes, je réfléchis. Voici à peu près ce qu’il se passe dans ma tête à cet instant.
Ok, laisse-toi porter, Julian. Il est pilote d’avion, c’est un mec sérieux. Et c’est en faisant confiance que les plus belles expériences ont lieu. Il faut toujours un déclencheur. Ce moment est le déclencheur. Puis soit tu tentes ta chance maintenant, soit tu dors à l’arrache tu sais pas encore où. Au pire, tu meurs ce soir. Tu le sauras même pas.

Je décide de le suivre et lui dit OK. Il m’emmène sur un parking où on rejoint sa voiture. À votre avis, quelle voiture peut avoir un pilote d’avion de ligne?

Un van de surfeur hawaïen, ca me semble évident.

digital-nomad-los-angeles-2

Après avoir démarré son van en ouvrant le capot et triturant quelques fils de contact (rassurant), il quitte le parking en voulant suivre une voiture qui avait son ticket et explose la barrière de sécurité qui est descendue trop tôt.

Ahlala, Julian, qu’est-ce que tu vas penser de moi maintenant“.

Nous y voilà, on était parti. Là, je me dis vraiment que je suis monté avec un fou. Mais finalement un quart d’heure plus tard, on se retrouve devant l’entrée d’un hôtel Marriott 5 étoiles.

Il entre et revient 5 minutes plus tard avec une clé magnétique de chambre. What else?

digital-nomad-los-angeles-3

Parfois, comme ça, on rencontre juste des gens bien et désintéressé.

Je le remercie dix fois, et il part rejoindre ses amis pour le jour de l’an. Je n’ai aucun info sur lui à part son prénom et une photo; et pourtant, je pense que je n’oublierai jamais.

 

Un 31 décembre de luxe

Je me retrouve donc dans un Marriott de dingue, au coeur de LA, le 31 décembre à 22h30.

marriott-los-angeles-2 marriott-los-angeles

Je suis crevé mais dans la dynamique, j’ai envie de pousser l’expérience jusqu’au bout. Mais je me suis retrouvé très vite limité: je n’étais pas censé resté à LA, du coup, je n’ai aucune info sur la ville, je ne sais pas du tout où aller pour faire la fête et rencontrer du monde, je n’ai pas la 4G (avec Bouygues, 10€/Mo de data utilisé), et les prix sont exorbitants. Genre, vraiment exorbitants.

Du coup, je fais le choix de rester à l’hôtel. Ce qu’il y a de bien avec les hôtels, c’est qu’il y a beaucoup de gens de passage et seuls. Ca facilite vraiment beaucoup le contact. Puis je suis à LA, quoi. Et c’est vraiment à l’américaine. Je m’assieds tout juste au bar que ma voisine de droite me lâche un “hey” et la discussion commence. Une New-Yorkaise de Brooklyn qui passe le réveillon à LA. À ma gauche, un autre pilote d’avion qui s’intéresse à mon accent français et me raconte qu’il avait une copine qui habitait Cannes, à l’époque. On en vient à parler SuperBowl, pizza au salami, et promenade des anglais.

L’atmosphère est plutôt cool et chaleureuse, sans que ce soit too much. Une meuf random habillée en tenue de mariée passe en courant dans le bar, pieds nus, avec deux autres qui essaient de la rattraper. Ca a l’air de choquer personne. Les Etats-Unis, quoi.

Un groupe de 3 zouzes magnifiques déboulent dans le bar, accompagnés de 2 rappeurs que je ne connais pas, et qui ne paient vraiment pas de mine en l’état.

Autour de moi, un amas de cliché de personnes toutes droit sorties de la série Californication.

Une pizza au salami ultra cheesy et épicée et une pinte pour un total de 30$ plus tard, il est minuit passé. Je remonte dans ma chambre, et réalise que j’aurais aussi bien pu passer la nuit à l’aéroport, dormir sur ma valise. Le lendemain, je dois me lever à 6h50 pour chopper le premier avion direction San Francisco. Mes yeux se ferment tout seuls.

marriott-los-angeles-3 marriott-los-angeles-4

Le lendemain matin, rien de spécial à raconter, excepté ce snap que je partage avec vous.

uber-los-angeles

Petit after Uber qui part en orgie à 7h du mat’

Pour me suivre sur snapchat, ajoutez donduty.

Et la route avec le Uber.

digital-nomad-los-angeles-4

Trailer de Los Angeles

Los Angeles a l’air vraiment très cool. Je n’y ai rien vu, et pourtant l’atmosphère y a l’air exceptionnelle.

Bref, tout ca pour dire, il y a de ces rencontres totalement random qui vous font croire en l’humanité.

Il y a des hasards qui n’en sont peut-être pas. Tout s’aligne pour que tout se passe bien. C’est rare, mais quand ca a lieu, il y a juste à kiffer.

And by the way, la nuit du 1er janvier 2017 est celle qui a vu le panneau Hollywood vandalisé. Coïncidence? Je ne crois pas.